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Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


Pradines garde la trace de son histoire

Publié par Ionard sur 1 Septembre 2015, 08:04am

Catégories : #Gourdon - canton et environ

Pradines garde la trace de son histoire

Article de Denise Brédimus à paraître dans l'Echo

Pradines garde la trace de son Histoire

Le 28 août dernier, à l'initiative du Maire et du conseil municipal, les habitants de la commune de Pradines sont venus nombreux pour commémorer la mise en place du Comité local de Libération de Pradines le 28 août 1944 à 11h45, en cette année du 70ème anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie.

Grâce à une recherche minutieuse, on pouvait consulter des archives municipales reflétant les difficultés d'alors, relatées par le maire André Laurent : ... "Les restrictions, le ravitaillement, les réquisitions de logements en juin 1940 pour accueillir les réfugiés de la Région parisienne et les familles expulsées de l'Est de la France. En deux mois, Pradines qui comptait 380 habitants (une centaine en 2015) hébergea 235 réfugiés. C'est dire l'effort déployé par les Pradinois. Plus discrètement, le ravitaillement des Républicains espagnols du camp Félix Cadras au Nonvert mobilisa le triangle de Résistants légaux et les fermes alentours pendant deux années".

Le récit d' André Laurent a évoqué ces années noires et le retour à la parole donnée au peuple (extraits) : "71 ans se sont écoulés depuis la mise en place du Comité local de Libération de Pradines, constitué sous la présidence d'Emile Laurent (délégué du Front national de lutte pour l'indépendance de la France) Firmin Lassiaille (PCF) et Charles Profit (PS), les autres membres étant : Paul Monéger (Front national de lutte..), Paul Mazaleyrat (Comité d'action paysanne), Marcel Billot (Forces unies de la jeunesse patriotique), Albert Laurent (Jeunesse communiste), Hélène Chazalnoel (Femmes de France) Marcel Terracol (CGT) et trois autres personnalités : Léonard Mazaud, Eugène Gourdon et Antoine Celaudoux (Paysan communiste). Le 27 novembre 1944, ils éliront Emile Laurent, maire et Charles Profit, adjoint et siègeront jusqu'aux élections municipales du 29 avril 1945, qui verront les femmes voter pour la 1ère fois..."

Alors que les derniers témoins de cette époque tourmentée s'éteignent et que les vieux démons identitaires refont surface, cette mémoire devait être préservée. Le récit des combats durant l'année 1944 s'est poursuivi en ces termes : ..."le débarquement allié tant attendu avait eu lieu le 6 juin sur les plages normandes; la 2ème DB du général Leclerc, avec à sa tête la Cie de Républicains espagnols, "la Nueve", entrait dans Paris libéré par les FFI du colonel Rol-Tanguy. En Corrèze, qualifiée de "petite Russie" au regard des actions de résistance engagées par les maquisards fin mars-début avril, la division allemande Brehmer fait le nettoyage : arrestation de suspects, de juifs comme le jour de Pâques à Bugeat, exécution de civils comme à L'Echameil, fermes et villages brûlés. Les 7 et 8 juin, les FTP attaquent la garnison allemande et les GMR stationnés à Tulle... La 2ème division SS "Das Reich" intervient : le 9 juin, elle râfle les hommes de 16 à 60 ans, 99 hommes seront pendus, 149 déportés dont 101 ne reviendront pas... Le 5 mai, à Bonnefond, c'était l'attaque du camp Lalet au hameau des Bordes (2 morts et 3 déportés) et celle du camp Félix Cadras à Pradines, où s'étaient réfugiés les Républicains espagnols. En août 1944, les FFI chassaient les dernières troupes : 500 allemands à Brive, 500 à Tulle, 100 à Ussel et mettent en piteux état la colonne Jesser, venue sauver 200 allemands retranchés à l'ENP d'Egletons... Le 22 août, le département est définitivement libéré.

Trois jours après la libération de Paris et après l'installation du Comité départemental de libération de la Corrèze, se terminaient quatre années d'occupation allemande, de répression sanglante, de combat des Résistants et de ceux qui les ont aidés. Mais la guerre n'était pas finie : de nombreux maquisards s'engagèrent jusqu'à la fin des hostilités.

...La municipalité tenait à rendre hommage à cette femme et à ces hommes aujourd'hui disparus, qui avaient refusé le régime de collaboration de l'Etat français instauré par le maréchal Pétain et aspiraient à la mise en place du programme de réformes économiques et sociales du Conseil national de la Résistance. Nous sommes gravement préoccupés par les résurgences du fascisme à la faveur de la crise que connaît la société, conséquence des choix politiques, économiques et sociaux actuels. Ils se manifestent par l'apologie des régimes fascistes du xxème siècle et la négation de leurs crimes, par la montée électorale de l'extrême droite dans tous les pays d'Europe, en raison de la méconnaissance de la réalité tragique du fascisme.

Nous nous devons de transmettre aux jeunes générations les valeurs démocratiques, patriotiques, humanistes et de solidarité qui animaient les délégués des comités de libération, comme ceux de Pradines. C'est pourquoi nous les honorons, à travers cet ensemble de portraits et cette manifestation". (On a pu découvrir leurs visages dans un cadre qui rassemble désormais les photos confiées par leurs descendants).

Pradines garde la trace de son histoire
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Pradines garde la trace de son histoire

Commenter cet article

Quichottine 01/09/2015 16:56

Nous le devons... mais je ne suis pas sûre que nous pourrons y arriver, et pourtant, toute la vie est là.
Merci pour cet article à vous deux.

Denise 01/09/2015 10:42

Merci ma complice : nouvelle présentation + lisible (rectif. : dans les photos encadrées, c'est Hélène Chazalnoel en bas à droite et non "ma pomme")

Ionard 01/09/2015 12:23

Mais ta pomme est sur toutes les photos, c'est ta signature pour les photos!

Martine85 01/09/2015 09:45

Pour que les générations actuelles et futures n'oublient pas. Cette commémoration a dû être émouvante pour ceux qui on vécu cette époque. Beau mois de septembre

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