Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


La petite porte

Publié par Ionard sur 8 Octobre 2015, 08:36am

Catégories : #Généalogie

Eglise de Saint merd les Oussines

Eglise de Saint merd les Oussines

Ce matin comme il pleut encore.... je vous propose une histoire sur le village de Saint Merd Les Oussines. Village que Rodiguine a arpenté il y a peu et c'est très beau! C'est ici

Extrait du livre ‘Le Pays de Bugeat dans l’Histoire’
Page 186

« La paroisse de Saint Merd les Oussines était dirigée par deux frères, René-Irénée Brousse curé depuis le 23 mars 1759 et Jean-Baptiste Brousse vicaire. Ils eurent maille à partir avec un certain paroissien François Tarrade, régisseur du château des Oussines, propriété des Joussineau du Fayat. François Tarrade avait pris pour habitude, pour assister aux offices, d’emprunter une petite porte extérieure de l’église située près de l’autel et qui faisait grand bruit lors de sa manœuvre. Cette pratique était d’autant plus gênante que Tarrade, n’étant ni un modèle ni de discrétion ni d’exactitude, maniait la porte avec une certaine rudesse au beau milieu de la messe ou des vêpres. Admonesté publiquement par les deux prêtres qui le sommèrent de passer , comme les autres paroissiens, par la porte principale de l’église, François Tarrade n’en eut cure et continua d’utiliser la petite porte.


Les relations s’envenimèrent. Un jour à la sortie des vêpres, sur la place publique, le vicaire Jean-Baptiste Brousse et François Tarrade s’apostrophèrent en termes peu amènes.
Tarrade reprocha au vicaire de contrarier son libre accès à l’église et d’avoir refusé d’entendre en confession un de ses métayers. Brousse accusa Tarrade de perturber le bon déroulement des cérémonies religieuses et, en outre, de mener une vie privée scandaleuse.

Le différent ne s’arrêta pas là. Le 7 septembre 1773, Tarrade introduisait auprès du tribunal royal de Tulle une ‘requête en plainte’ contre Jean-Baptiste Brousse. A l’appui de sa plainte il produisit une lettre diffamatoire, adressée en juillet 1772, par le vicaire à Madame de Fayat, la propriétaire du château des Oussines. Dans cette lettre, Brousse
prétendait que Tarrade utilisait à des fins peu louables les revenus qu’il percevait de la terre des Oussines en qualité de régisseur. Il lui faisait particulièrement grief de secourir pécuniairement dans la paroisse une famille modeste chez laquelle il pouvait ‘assouvir sa brutale passion’. Le vicaire insinuait même que le misérable spoliait sa patronne, Madame de Fayat, pour accroître son aide à la famille précitée.

Le tribunal de Tulle lança les assignations de comparaître, diligenta la procédure mais ne sembla pas disposé à statuer sur le fond. Alors les deux parties portèrent l’affaire devant la juridiction supérieure, en l’occurrence le parlement de Bordeaux ! pas moins !
Après enquête et examen de la lettre de diffamation, le 23 août 1774, le parlement rendit son arrêt. Les deux frères Brousse furent condamner aux dépens et à l’amende habituelle envers le roi. En outre le vicaire Jean-Baptiste Brousse n’ayant apporté aucune preuve à ses allégations, dut reconnaître le caractère calomnieux de ses écrits et faire des excuses à Tarrade. De plus le vicaire fut condamné à payer 150 livres de dommages et intérêts. La moitié de cette somme fut affectée aux pauvres de la paroisse de Saint Merd les Oussines, l’autre moitié était consacrée aux réparations de l’église. Grand seigneur, Tarrade n’avait pas voulu toucher le moindre denier.

L’affaire avait divisé la population. Il y avait les pro-Brousse et les pro-Tarrade. Mais le temps fit son œuvre, les jours passèrent et les esprits s’apaisèrent. Tarrade qui avait libre accès à l’église, n’abusa pas de la situation et comme les autres paroissiens, emprunta surtout la porte principale. Il continua à fréquenter assidûment et de soutenir financièrement la famille objet de la lettre de dénonciation. Et pour cause ! C’est dans cette maison que le régisseur dénicha sa promise ! L’heureuse élue se prénommait Françoise Dars, fille de Jacques Dars laboureur et de feue Pétronille Pouloux. Le 2 mars 1778, les deux fiancés s’unirent pour le meilleur et pour le pire. Où ça ? Dans l’église de Saint Merd les Oussines, bien sûr ! Et qui donna la bénédiction nuptiale ? René-Irénée Brousse, curé de Saint Merd les Oussines, pardi !

L’histoire ne dit pas si le curé fut invité au repas de noces. C’était peut être trop demandé

Mais l'histoire de ce couple est tragique....

François TARRADE voit le jour en 1740 à Nexon (87106).
Il est le fils légitime d'Annet TARRADE, juge des juridictions à Nexon, âgé de 44 ans et de Marie SUDUIRAUD, âgée de 30 ans environ.

François sera Régisseur du Chateau des Oussines.

Il épouse Françoise DARS, la fille légitime de Jacques DARS et de Peyronne (Ou Pétronille) POULOU.

Ils se marient le lundi 2 mars 1778 à Saint Merd les Oussines (19226).
Ce couple aura un enfant :
-Antoinette née le 14 mars 1779 et qui meurt ce même jour

François TARRADE décéde le samedi 20 mars 1779, à l'âge de 39 ans, à Saint Merd les Oussines (19226) de même que son épouse Françoise.

Que s'est-il passé exactement? Je n'ai trouvé aucune trace de cette tragédie.

L'étang des Oussines

L'étang des Oussines

Commenter cet article

lyly 09/10/2015 10:40

histoire interessante
a bientôt
lyly

Dgidgi 08/10/2015 21:31

Toujours épineux ces histoires et en débattre encore plus !!
bisou Dany

Roguidine 08/10/2015 17:47

Bonsoir Dany,
Eh bien quelle affaire pour une porte qui grince !!!!
ben oui, j'aurais voulu savoir pourquoi les trois morts à la fin !!!!
était ce peut être une légende !!!!!
Pas de cèpes en vue à St Merd les Oussines !!! Nous avons parcouru le GR, et continué ensuite
le circuit normal , dommage, il ne passe pas devant l'étang, on ne l'a donc pas vu !!!!
Bonne soirée, bises

Martine85 08/10/2015 10:55

C'est presque don camillo..... Destin tragique pour cette famille. Peut être n'ont ils pas supporté la mort de leur bébé et se sont suicidés.....Bises

Quichottine 08/10/2015 10:44

Une histoire qui pourrait faire une légende si elle n'était vraie.
Merci pour ce partage, Dany.
Les querelles entre villageois partent souvent d'un rien.
Bisous et douce journée.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents