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Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


Adieu à Jean Maison

Publié par Ionard sur 13 Juin 2016, 07:46am

Catégories : #Résistance

Juillet 2015 fête à Gourdon-Murat avec Christine Gauthier-Bravard

Juillet 2015 fête à Gourdon-Murat avec Christine Gauthier-Bravard

Jean Maison est décédé ce dimanche 12 juin à l'âge de 91 ans à la maison de retraite d'Egletons où il était admis depuis jeudi à sa demande. L'ancien résistant FTP et maire de Clergoux avait été hospitalisé le 15 mai dernier à la suite d'un accident vasculaire cérébral.

Né le 9 juillet 1925 dans la propriété familiale au village du Prévot sur la commune de Clergoux, Jean Maison alias «Jeantou» adhère très tôt aux idées communistes. Après son certificat d’études, il travaille comme valet de ferme puis comme charron avec son père.

Il a quinze ans quand la seconde guerre mondiale éclate. Son père, communiste lui aussi, a commencé à résister dès juin 1940. Jean ne tarde pas à s’engager. L’adolescent distribue des tracts, participe à des opérations de liaison, de ravitaillement, de sabotage sur la voie ferrée et les lignes électriques. Il adhère aux Jeunesses Communistes Clandestines en 1942, puis prend le maquis sur le Plateau des Etangs sous le nom de «Toto». Le jeune FTP tend des embuscades sur les routes, mène la lutte avec des Espagnols, Marocains, Polonais, Tchèques, des réfractaires au STO. Avec ses camarades, il sauve deux petites filles juives de trois ans et demi avec qui il gardera contact jusqu’au terme de sa vie. Il participe à l’assaut de la prison de Tulle, le 2 mars 1944 pour libérer vingt résistants, puis à la prise de la gendarmerie de Corrèze. Le 7 juin, lors de l’attaque de Tulle, il assure la sécurité du conducteur d’un autobus réquisitionné pour transporter des combattants de Clergoux jusqu’à la ville-préfecture. Entre le 3 et le 15 août 1944, il prend part à la bataille d’Egletons. Pendant toute cette période, il frôle la mort quatre fois.

La guerre terminée, Jeantou reste vivre à Clergoux. Il travaille pendant six ans dans l’entreprise Bois Galbé de René Dauzat. Il épouse en 1950 Noëlle. Six ans plus tard, il s’installe à son compte et crée les Etablissements Jean Maison pour travailler le stratifié.
Il s’implique dans la vie de sa commune et en devient maire en 1959. Il sera réélu sans interruption jusqu’en 2008, et apprécié de ses administrés bien au-delà de sa famille politique. Il contribue à la vitalité de sa commune. C’est lui qui fait édifier, entre autre, la salle polyvalente et de spectacle «L’Usine». Il fut également conseiller général de 1995 à 2004.

Depuis sa retraite, il s'évertuait à partager et à transmettre les idéaux de la Résistance et du CNR auprès des jeunes générations. Il racontait inlassablement ses souvenirs de maquisard aux écoliers, collégiens et lycéens du département, répondant à toutes les sollicitations jusqu’à son accident. Animé par l’amour de la liberté et dans une jeunesse d’esprit, il invitait son public à refuser l’obscurantisme, politique comme religieux, en utilisant la meilleure des armes : le bulletin de vote.

Toujours dans la volonté de perpétuer l’esprit de Résistance, il a fondé le comité de la Stèle avec lequel il a réalisé l’exposition «La résistance du plateau des étangs à Paris libéré». Il co-présidait jusqu’à aujourd’hui l’ANACR de la Corrèze avec Bernard Delaunay. Il laisse derrière lui ses mémoires «Jeantou. Un enfant de chez nous», écrites alors qu’il s’occupait de sa femme atteinte par la maladie d’Alzheimer.
Son parcours, exemplaire, a été récompensé par la médaille de la Résistance, l’Ordre national du mérite et la Légion d’honneur.
Il est resté toute sa vie fidèle à ses idées communistes, tout en gardant une forme d’indépendance. Homme intègre, vif d’esprit, profondément gentil, il aura marqué des générations de Corréziens.

Ses obsèques auront lieu ce mercredi à 14 heures à Clergoux.
A sa famille, ses amis et ses proches, toute l’équipe de l’Echo, profondément attristée, présente ses plus sincères condoléances.

Article paru aujourd'hui dans l'Echo

Photo : Jean Maison, au micro, lors de la cérémonie du souvenir de l'hôpital FTP à Brigoux de Gros-Chastang, le 30 avril dernier.

Photo : Jean Maison, au micro, lors de la cérémonie du souvenir de l'hôpital FTP à Brigoux de Gros-Chastang, le 30 avril dernier.

Commenter cet article

Denise 13/06/2016 18:39

Jean, notre camarade, nous recueillons respectueusement en héritage ton amour de la liberté et ta volonté de perpétuer l'esprit de résistance que tu as su transmettre à des générations de Corréziens. Poursuivons le chemin que tu nous as tracé..

Quichottine 13/06/2016 10:26

Les anciens disparaissent peu à peu et avec eux leurs souvenirs, leur témoignages...
Merci d'avoir relayé l'article.
C'est un bel hommage.
Passe une douce journée Dany. Bisous.

lyly 13/06/2016 09:09

qu'il repose en paix
amicalement
lyly

caroleone 13/06/2016 09:01

Tristesse.
J'avais eu le plaisir de le rencontrer lors d'une de mes visites à mes amis corréziens au château de Sédières où il exposait sur la résistance au plateau des étangs et j'avais apprécié l'homme, la gentillesse, la simplicité, le devoir de mémoire , l'engagement permanent et tout ce qui fait que ces hommes-là sont irremplaçables. Merci de lui rendre hommage.

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