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Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


Armand Gatti, le dernier salut de Don Quichotte

Publié par Ionard sur 7 Avril 2017, 07:13am

Catégories : #Résistance

Armand Gatti, le dernier salut de Don Quichotte

Alors que les cérémonies du souvenir de ces terribles jours de 1944 en commençant par les fusillés de L'Echameil (6 avril 1944) rassemblent encore beaucoup de monde, passeurs de mémoire, sur notre plateau de Haute-Corrèze, un grand homme tirait son dernier salut sur cette terre.

Armand Gatti, le dernier salut de Don Quichotte
Armand Gatti, le dernier salut de Don Quichotte

Dante Sauveur Gatti dit Armand Gatti, né le 26 janvier 1924 à Monaco et mort le 6 avril 2017 à Saint-Mandé, est un poète, auteur, dramaturge, metteur en scène, scénariste et réalisateur. 

Extraits d'un article du Monde

"Son arme était la parole, son horizon l’utopie. Armand Gatti, mort jeudi 6 avril, à l’hôpital Begin, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), à 93 ans, aura passé sa vie à se battre avec les mots, d’abord comme journaliste, puis dans le théâtre, où il s’est engagé auprès des sans nom, les gens ordinaires ou à la marge, les sans voix et les exclus.
Travailleur infatigable, écrivain insatiable et exalté de la rencontre, Armand Gatti a mené un chemin unique dans le théâtre français du XXe siècle. Lui qui aimait les arbres évoquait un chêne : grand, robuste, planté, la tête ébouriffée dans le ciel, et une petite voix qui contrastait avec son allure. Le temps a eu raison de sa force, mais son parcours témoigne d’un élan vital rare, et d’un désir d’être au monde passionné. C’était un conteur hors pair, un fabulateur aussi, à l’occasion, comme en témoigne le triste épisode de la seconde guerre mondiale, où il s’engagea comme résistant et combattant des forces françaises, mais où il ne fut pas déporté en camp de concentration, comme il a voulu le faire croire.
Personne n’est taillé dans une seule étoffe. Armand Gatti a eu des vérités multiples et plusieurs vies, qui épousent le siècle dernier dans tous ses paradoxes. Le premier fut celui qui le vit grandir, pauvre dans un endroit riche : le rocher de Monaco. C’est là qu’il naît, le 26 janvier 1924. Sa mère est femme de ménage, son père, balayeur et anarchiste. Ils vivent au Tonkin, un bidonville de Beausoleil, qui jouxte Monte-Carlo. La discipline n’est pas la première vertu du petit Gatti, encouragé par le rêve libertaire de son père : en 1941, il se fait exclure du petit séminaire Saint-Paul de Cannes. C’est alors qu’il rejoint le maquis, en Corrèze.
Les mots sont tout pour lui
Dans sa besace, il a emporté des livres. Déjà les mots sont tout pour lui. Mots des poètes, comme Henri Michaux, son « maître ». Mots des révolutionnaires, comme Antonio Gramsci. Mots des scientifiques, comme Niels Bohr. Et ses mots à lui, bien sûr. Quand il se fait prendre, dans le trou de la forêt de Tarnac où il se cache avec des camarades, il répond au gendarme qui lui demande ce qu’il est allé faire là : « Je suis venu faire tomber Dieu dans le temps ! »
Condamné à mort en 1943, Armand Gatti est gracié, en raison de son jeune âge. C’est à ce moment-là que se joue la part la plus trouble, et la plus troublante, de son histoire : pendant des décennies, Armand Gatti a raconté qu’il avait été déporté au camp de concentration de Neuengamme, dans le nord de l’Allemagne, où il avait eu la révélation du théâtre, en voyant la premiètr pièce de sa vie, jouée par des Juifs baltes, qui tenait en trois phrases : « Ich bin. Ich war. Ich werde sein. » (« Je suis. J’étais. Je serai. »). Ce fut, disait Gatti, une expérience fondatrice pour son œuvre : « Essayer de construire des hommes non pas en vertu de leur état-civil, mais de leur possibilité. »...........
Et toujours, il écrit, poursuivant son Aventure de la parole errante qui constitue une œuvre unique, et a trouvé, ces dernières années, refuge à Montreuil (Seine-Saint-Denis), dans La Maison de l’arbre où il vivait. Dans le maquis, il avait choisi le nom de Don Quichotte. Le Don Quichotte d’un monde d’avenir.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2017/04/06/mort-d-armand-gatti-figure-du-theatre-du-xxe-siecle_5106966_3382.html#oSU26cBD37rGWpAi.99
 

Armand Gatti, le dernier salut de Don Quichotte
Armand Gatti, le dernier salut de Don Quichotte

A écouter l'heure bleue sur France Inter Laure Adler

Hommage à un utopiste 

https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-06-avril-2017

Commenter cet article

marine D 27/04/2017 12:47

Souvenons nous de tous nos héros, en ces jours de tourmente !

Quichottine 08/04/2017 09:44

Et voilà une page d'hommage que je ne pouvais pas rater...
Il faudrait aujourd'hui plus d'hommes qui donnent foi en l'avenir.
Merci pour tout, Dany.

denise 07/04/2017 10:57

Merci d'évoquer ce Don Quichotte, réfugié au plus profond de nos bois corréziens pendant l'occupation nazie, soldat des mots au service des humbles, dont nous avons tant besoin aujourd'hui

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