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Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


Les fusillés de l'Echameil

Publié par Ionard sur 9 Avril 2017, 08:38am

Catégories : #Résistance

Les fusillés de l'Echameil

Article de Denise Brédimus à paraître dans l'Echo

                   L'ECHAMEIL, cérémonie du 6 avril 2017

Les fusillés de L'Echameil, des voix jamais éteintes

Voilà 73 ans, le 6 avril 1944, dans cette clairière du Tranchet, près de Bugeat (route de Gourdon-Murat) à l'endroit même où ont été fusillés quatre habitants du hameau de l'Echameil , leur trace reste indélébile. A l'appel de la municipalité de Bugeat et de l'A.N.A.C.R. , familles et amis ont formé un cortège, scandé par le Chant des partisans, jusqu'à la stèle. On notait la présence de Christophe Petit (conseiller départemental) de Pierre Fournet (maire de Bugeat) de Jacques Joffre (maire de Gourdon-Murat), de représentants de l'ANACR de Bugeat, de Meymac-Egletons et de la FNACA avec leurs porte-drapeaux.

Dans son allocution Pierre Fournet a rappelé ce drame et souligné l'importance d'être les passeurs de mémoire, d'abord pour les familles des victimes, mais aussi pour que les plus jeunes sachent à leur tour transmettre ce qui nous rassemble au-delà de nos différences et que le régime nazi a voulu anéantir. Il a ajouté qu'on ne saurait transiger avec les valeurs de la République, résumées dans les trois mots de notre devise... Soyons donc vigilants, souvenons-nous que la démocratie n'est jamais définitivement acquise et qu'il faut rejeter les solutions de racisme, avec le repli ultra-nationaliste.

        Bernard Bouche est intervenu pour l'ANACR de Bugeat en ces termes (extraits) :

"... Il est réconfortant de se retrouver chaque année , dans la dignité et le recueillement, en mémoire des victimes : aujourd’hui celles du village de l’Echameil.

Ce coin de terre limousine a souffert durant les années sombres, tragiques de la seconde guerre mondiale et a payé un lourd tribut. Cette terre de Haute Corrèze a été celle de la Résistance. Cette Résistance, pour chasser hors de France une armée étrangère barbare, a été multiple, active, déterminante sur le Plateau de Millevaches. Ses acteurs, de sensibilités politiques, philosophiques et de croyances diverses, à l'image de la population, se sont côtoyés et souvent unis dans les combats.

Ces hommes et ces femmes, qu'ils soient morts les armes à la main, assassinés froidement ou encore exécutés pour leur refus de parler, de dénoncer les maquisards ou des juifs; qu'ils aient été fusillés seulement  pour l'exemple, mais aussi morts en déportation : ils et elles méritent de ne pas être oubliés. Aujourd'hui, nous sommes là pour ces victimes, avec leurs familles, leurs amis, demain, plus tard, d'autres devront être ces passeurs de leur mémoire. Le renforcement de notre association ANACR est une nécessité, si nous voulons poursuivre cette tâche mémorielle.

Oui, aujourd'hui nous sommes rassemblés pour que personne n'oublie ce que la barbarie nazie a fait dans le village de  l'Echameil le 6 avril 1944.

Les Allemands ont investi ce village à la recherche de résistants, qualifiés de terroristes. Henri Vacher, un ancien combattant de la première guerre et son épouse seront immédiatement arrêtés, leur maison saccagée sera incendiée. Les autres hommes du village seront à leur tour emmenés à la mairie de Bugeat pour y être interrogés sans ménagement. Personne ne parlera.

En fin de journée les quatre hommes Léon Gane (43 ans), Antoine Gourinal (44 ans), Antoine Nauche (56 ans) et Henri Vacher seront abattus froidement dans cette petite clairière. Mme Vacher ira rejoindre les 11 juifs arrêtés dans Bugeat, direction Limoges où elle sera détenue pendant 3 mois.

Cette année 1944 sera terrible pour notre canton : aux Bois de la Vergne, dans ceux des Bordes, à Marcy, d'autres hommes tomberont, trop de vies seront prises. L'idéologie totalitaire et fanatique de l'Allemagne hitlérienne sévira sans retenue. Ce même jour 6 avril 1944, tandis qu'à Tarnac 4 juifs seront exécutés, ceux de la rafle de à Bugeat  connaîtront la déportation, l'un d'eux sera même fusillé à la sortie de Lacelle, il était le commis du coiffeur Joseph Borie.

Une journée du 6 avril sanglante qui marquera à jamais les esprits.

Mais faut-il rappeler que Hitler a entrepris sa marche vers le pouvoir dictatorial, au lendemain d'une crise partie des Etats Unis, celle de 1929 qui a produit un chômage massif et une crise morale, source d'une détresse qui a rendu réceptive la population de ce pays au racisme, à la xénophobie, à l'ultranationalisme, comme si ces concepts étaient de nature à régler les problèmes, hier comme aujourd'hui.

Cette année 2017 est marquée par le scrutin présidentiel des 27 avril et 7 mai. Notre association ANACR ne s’insèrera pas dans les débats politiques, économiques et sociaux inhérents à ce type d’élection, sinon nous sortirions de notre rôle de passeurs de mémoire et de plus nous pourrions mettre à mal notre pluralisme. Cependant, nous ne pouvons pas ignorer ces débats, car à l’ANACR, nous sommes porteurs des valeurs humanistes et démocratiques de la Résistance. Cela nous confère donc des responsabilités. Nous devons être attentifs au respect de ces valeurs et être très vigilants quant à leur remise en cause, par quelque parti ou organisation que ce soit, des valeurs et des acquis du programme du Conseil National de la Résistance, unie derrière ses fondateurs Jean Moulin et le général de Gaulle.

L’atmosphère délétère de la campagne électorale actuelle est particulièrement dangereuse et appelle à une vigilance sans concessions. Elle nécessite de s’opposer à toutes les résurgences contemporaines d’idéologies dont l’Histoire a dramatiquement concrétisé l’aboutissement criminel qu’elles portaient.

« La France aux Français », « la préférence nationale » et autres slogans du même acabit ne sont pas nouveaux. Déjà sous Pétain, ces thèses furent appliquées et l’on sait où cela nous a conduits, en France et en Europe. N'oublions jamais l'avertissement du grand dramaturge                    allemand Berthold Brecht : « Le ventre est encore fécond d’où est sortie la bête immonde ».

Soyons donc vigilants en mémoire de ces hommes et ces femmes du village de l'Echameil et faisons en sorte que leur mort n'ait pas été vaine. Que toutes les guerres, y compris religieuses ou économiques soient bannies à jamais. Oui, que la paix entre les peuples soit la priorité de tous nos dirigeants en France, en Europe et dans le monde.


 

Pierre Fournet et Bernard Bouche

Pierre Fournet et Bernard Bouche

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patrick 09/04/2017 09:53

merci Denise et Dany. Juste et émouvant, et plus que pertinent aujourd'hui

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