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Les potins de Ionard

Les fusillés de l'Echameil

6 Avril 2020 , Rédigé par Ionard Publié dans #Résistance

Les fusillés de l'Echameil

Les cérémonies sont annulées en raison de l'épidémie, celle du 6 avril , n'aura donc pas lieu.
Cependant la stèle des fusillés a été nettoyée et pavoisée par les employés municipaux suite à la demande du maire de Bugeat APierre Fournet.

18 heures ....route de Gourdon-Murat à Bugeat. A l'appel de l'ANACR de Bugeat et de la municipalité,nous aurions du être là pour se souvenir ensemble et honorer la mémoire de ces quatre fusillés.

Pour se souvenir à travers la toile,voilà leur histoire telle qu'elle a été recueillie le 20 janvier 1945 et parue dans le Journal "Le Travailleur de la Corrèze" PCF

 

Extrait du livre de l'ANACR paru en 2010
" Témoignages sur la Résistance dans le canton de Bugeat (Corrèze)"
"A Bugeat, au hameau de l'Echameil,le jeudi 6 avril 1944, il est un peu plus de 8 h 30. Les Allemands arrivent chez Mme Lavieille, accompagnés du maire de Bugeat qu'ils ont réquisitionné. Un officier et cinq soldats entrent et c'est le dialogue impitoyable habituel;"Où est le mari? Où est le fils?...
Maquis?... Terroriste... Assassin." Mme Lavieille se défend comme elle peut... Menaces... " Si vous pas dire la vérité, nous mettre feu partout!"
Perquisition et pillage, ils ne trouvent pas d'armes, ils en sont fâchés...
"Sortez!" Mme Lavieille rejoint le maire près des camions.
"Maire, maison Vacher?..".."Je ne connais" ... "Si, maison neuve" Ils entrent mais là ils sont plus expéditifs.Ils parcourent rapidement la maison.
Puis:"Sortez, prenez vos vêtements" Mr et Mme Vacher (leur fils est au maquis) sortent et rejoignent le camion. les Allemands sortent de la maison tout ce qui les intéresse et tout à coup, la fumée s'élève et l'habitation s'écroule dans les flammes....
"La maison ce n'est rien" observe MrVacher,"qui sait ce qui nous attend, ma pauvre femme".... sombre pressentiment qui ne le trompait pas.
La maison écroulée, les Allemands regroupés, Mme Lavieille est libérée. Mme et Mr Vacher doivent prendre place dans le camion. "Mutilé, devant!", c'est Mr Vacher, qui a perdu une jambe au cours de la guerre de 14-18. Et le camion s'ébranle, il n'ira pas loin, jusqu'au petit étang avant le village.
Mais pendant ce temps les autres Allemands n'ont pas perdu leur temps. Ils ont rassemblé les autres hommes restés au village: Gourinal Antoine, 56 ans,Nauche Antoine 57 ans et  Gane Léon, 43 ans. Et à ce moment intervient l'affiche, une affiche comme les maquis en ont posé partout pour essayer de protéger la population des trafiquants de marché noir. Un Allemand, un des rares Allemands qui ait droit à notre indulgence, a demandé de l'eau à Mme Gourinal, il a soigneusement décollé l'affiche et l'a
glissée derrière le bac de la pompe, mais un autre Allemand l'en a ressortie et l'a présentée au chef. Le chef interpelle les trois hommes. C'est à Gourinal qu'il la présente d'abord."Lisez!". "Je ne sais pas lire" (c'est vrai).
A Nauche : "Je n'ai pas mes lunettes et je ne peux pas lire sans elles"(c'est vrai). A Gane il se détourne sans répondre.
Alors les Allemands sont furieux. On se moque d'eux. " Terroristes,
assassins, dans le camion." Et les trois hommes rejoignent Mme et MrVacher.
Première étape, la mairie de Bugeat, Mme Vacher est séparée des hommes.
Deuxième étape, la mort.
Peu de temps après son arrivée à la mairie, le camion repart avec quatre hommes, quatre hommes qui devinent ce que l'on va faire d'eux, quatre hommes plein de courage, qui ne frémissent pas devant leur bourreaux.
Quelques centaines de mètres . Arrêt. A travers prés, un ou deux mètres encore, et à peine cachés de la route, froidement, calmement, les Allemands tuent les Français, des patriotes:

Léon Gane, Antoine Gourinal,Antoine Nauche et Henri Vacher.
De Bugeat à l'Echameil, on a entendu les détonations et tous les habitants intimement rendent hommage à ces quatre nouveaux martyrs.
Le lendemain les Allemands sont retournés à l'Echameil chercher la farine qu'ils avaient si bien protégée du feu, mais les gars du maquis les avaient devancés. les Allemands se sont donc vengés sur ce qu'ils trouvaient : la vaisselle, de l'argent,du savon etc... que Mme Lavieille avait dissimulé dans son four à pain de peur du retour offensif des pillards; ils ont encore soutiré quelques vivres aux femmes éplorées, à qui ils eurent l'audace de demander
la cause de leurs larmes.
Quand à Mme Vacher, elle fut emmenée avec les Juifs de Bugeat, qu'une autre "équipe de nettoyage" avait rassemblés. Mme Vacher fut emprisonnée à Limoges, les Juifs furent déportés, moins un, Mr Rozent fusillé en route à l'Eglise aux bois."

Ce même jour , un drame identique a lieu sur la commune de Saint Hilaire Les Courbes à quelques kilomètres à vol d'oiseau de l'Echameil. Alfred Négrerie et Fernand Chazanoël du village de la Brunerie seront exécutés par les Allemands et leurs maisons incendiées. Leurs épouses seront détenues durant un mois à la prison de Limoges.

Une journée du 6 avril sanglante qui marquera à jamais les esprits. 

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Commenter cet article

Shana 16/04/2020 19:18

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.

Shana 16/04/2020 19:18

J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.

Quichottine 07/04/2020 10:02

Une journée qui compte encore...
Ne jamais oublier.

kimcat 06/04/2020 18:46

Une Journée à ne pas oublier !
Biz

Martine Martin 06/04/2020 18:45

Terrible époque. Ce n'est rien le confinement à côté pour ceux qui se plaignent. Bisous