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Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


La terra

Publié par Ionard sur 25 Mars 2013, 08:00am

Catégories : #Femme d'exception

Pour faire suite au premier texte de Marcela, cet article publié il y a maintenant deux ans!

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Parce que aujourd"hui mercredi 26 janvier 2011, cela fait une semaine que cette femme d'exception, je parle de Nymphéa, nous a laissé orphelins et tristes au bord du chemin...

Sur ces articles de la Marcelà, elle avait écrit ceci, le 22 décembre 2007

merci ,ma limousine...tu m'as réveillée.( pour rire : c'est vrai que pour un plouc ce mec écrit vachement bien !  ) tu m'as fait très plaisir ...je b'en fiche de basser noel seule et balade ..oin! oin! bise frisquettes .....

Pour la Luciole de l'Aubrac, je vous offre encore une fois les mots de ce poète (esse) corrézien.

Dernière page aujourd'hui sur cette femme d'exception.... la Marcèla.

Après des études secondaires puis un an d'Arts décoratifs, elle retourne dans la ferme familiale qu'elle cultive jusqu'à sa retraite.
La voilà jeune et belle chez mon amie la Luciole de l'Aubrac ici!

Oeuvre poétique immense (ballades, psaumes, proses poétiques, poèmes dramatiques, etc...) tant en occitan qu'en français  ou dans les deux langues mêlées.
Ethnographe exigeante (nombreux recueils de contes et proverbes, Bestiari lemosin, Lo Libre de l'Erba e daus Aubres et ethnologue inspirée (Le Tombeau des Ancêtres, le Bourgeois et le Paysan - analyse des contes du feu, etc..)
Mémorialiste méticuleuse de ce qu'elle percevait comme la fin de la civilisation paysanne (sept gros volumes de souvenirs, des Chemins Creux à la Fin de la Fable) et chroniques incisives (des colonnes du Courrier du centre dans les années 50 à celles du Populaire dans les années 80).





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Photo de l'Aubrac de P. Desmichel
 
Lo chant de la terra


Zo vos dise, perfum, passarai tala 'na ombra.
E pus redde qu’un fum passarai tras lo riu.

L'arcana dins lo ciau durara mai que ieu.
E n'ai pas tant de temps coma l'aur de la ròsa.

Zo te dise, mar prionda, e sorda a mos prepaus,
Zo te dise, me'n vau – a penas si 'riebe.

Un rire de luna sus la cresta d'una onda,
E l'ai pas vist 'chabar. Un rai dins 'na gota d'aiga.

Ai l'atge, o es pertant ai l'atge de l'estiala.
E la solelh m'a coat dempuei lo primier jorn.

E la terra m'a portat, e me laschara pas,
Que lo fuec li cremava lo ventre.

E l'aiga m'a menat davant que fugués l'aiga
e que lo vent fugués lo vent. En la negror dau temps
ieu germenave. Que sui faugiera, aubre mai blat.
Que sui la peira e sa poussiere, e l'arma que lai duerm.

Que sui lo rire, la raior, la dança, e lo sang de l'eternitat.

**********
Je vous le dis, parfum, je passerai telle une ombre.
Plus vite qu’un brouillard je passerai près du ruisseau.

L'arc-en-ciel dans le ciel durera plus que moi.
Et je n'ai pas autant de temps que l'or des roses.

Je te le dis, mer profonde et sourde à mes propos,
je te le dis, je pars – à peine si j'arrive.

Un rire de lune sur la crête d'une vague,
Je n'en vois pas la fin. Un rayon dans la goutte d’eau.

J'ai l'âge, oui pourtant j'ai l'âge de l’étoile,
le soleil m'a couvé depuis le premier jour.

La terre m'a porté, elle ne me lâchera pas,
que le feu ne lui brûle le ventre.

L'eau m'a mené avant que d'être l'eau,
que le vent fût le vent. Dans la noirceur du temps
je germais. Je suis fougère, arbre et blé.
Je suis la pierre et sa poussière, l'âme qui dort dedans.

Je suis le rire, la lumière, la danse, et le sang de l'éternité.

Marcelle Delpastre, extrait de Paraulas per questa terra
(édicions dau chamin de Sent-Jaume)

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L'ensemble de mes articles sur Marcelle Delpastre est extrait de ce petit recueil hommage édité en septembre 2005, lors d'une rétrospective de l'oeuvre de ce poète limousin que j'aime tant!

Commenter cet article

patriarch 26/03/2013 09:00


Très beau poème et merci de ce rappel... Bonne journée avec bises de nous deux

jean-pierre 25/03/2013 13:50


bonjour Dany . mais c'est très beau ce texte . j'espère que tu vas bien . le printemps arrive . te fais plein de gros bisous 

Quichottine 25/03/2013 10:38


C'est bien d'avoir modifié le lien...


Passe une douce journée, Dany. Je t'embrasse très fort.

Azalaïs 28/01/2011 09:01



sais-tu comment on peut se procurer ses livres, même si ce n'est pas tout à fait le même occitan que chez nous je le lis quand même et c'est si beau, cela me parle tellement


c'est toujours difficile de se procurer les livres anciens,


ici notre grande poétesse, c'est Louisa Paulin et puis pas très loin de chez moi, le Dieu des Aveyronnais, c'est Jean Boudou que l'on n'en finit pas d'éditer et de rééditer, pour les autres c'est
plus dur, on ne retrouve plus par exemple certains livres de Perbòsc qu'affectionnait tant Nymphéa


bises


merci



zip de zoup 27/01/2011 06:40



Que c'est bien écrit, quelle belle langue et même traduit c'est superbe !


J'ai comparé pour regarder les mots que je ne comprenais pas, et pour la musicalité, je comprends toutefois plein de mots proche du Gascon mais hélas on ne me l'a pas parlé !


Merci !



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