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Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


Damien Magnaval et la bataille de l'Ebre (1938) ...

Publié par Ionard sur 15 Octobre 2012, 08:25am

Catégories : #Damien Magnaval Brigadiste

 En cette matinée d'Octobre grise et venteuse mais sans pluie, les fidèles à ce souvenir du combat et de l'engagement d'un enfant du pays pour la paix étaient nombreux. Une forte délégation des chauffeurs de taxi était présente à cette cérémonie. Nous sommes toujours fiers de les avoir à nos côtés .

P1000725Guy Labergère et Karim Asnoun (secrétaire général CGT des chauffeurs de taxi)

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Départ du cortège pour aller jusqu'à la stèle.

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Foto (3)

 

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Après les interventions de Mr le Maire Jacques Joffre et de Karim Asnoun, j'ai fait cette lecture là pour expliquer cette terrible bataille de l'Ebre.

" Nous sommes là encore présents pour honorer la mémoire de Damien Magnaval, militant ouvrier exemplaire, responsable syndical d'une vaillante corporation parisienne 'Les cochers-chauffeurs de taxi ', Damien tombé en héros sur le front de l'Ebre le 21 septembre 1938 en Espagne.Il avait 33 ans .Damien , avec les 35 000 brigadistes venus de 54 pays du monde, a dans sa courte vie , écrit l'un des plus beaux chapitres de la SOLIDARITE INTERNATIONALE inédit à ce jour.

La guerre d'Espagne, chacun s'accorde aujourd'hui à le reconnaître, ne fut rien d'autre que la répétition générale de la deuxième guerre mondiale. Derrière les insurgés nationalistes regroupés autour du général Franco, se dessine en effet une Europe violemment antibolchevique, prête à sacrifier la démocratie jugée faible et fragile à sa conception de l'ordre économique et social. La bataille de l'Ebre fut ainsi bien plus que le combat perdu d'une guerre civile.

L’Espagne des années 30 est républicaine. Elle mène à bon train des réformes sociales qui entraînent un profond changement dans la société traditionnelle et catholique, en modifiant les rapports de force, en acceptant le fédéralisme, en libérant les femmes. Autour du général Franco se regroupent toutes les forces réactionnaires, et notamment l’Eglise, toute-puissante en Espagne, et son bras armé, l’Opus Dei. Cette armée d’insurgés qui refusent la sentence des urnes va s’opposer à un front républicain hétéroclite qui rassemble communistes, socialistes, anarchistes, démocrates et des hommes de toutes nationalités comme Malraux ou Hemingway, venus défendre la liberté au sein des Brigades Internationales.

Les Républicains livrent bataille avec l’espoir que l’Europe va s’embraser à leurs côtés, mais les implications des puissances étrangères s’avèrent avec le recul un facteur de déséquilibre entre les deux camps. Les Bridages Internationales sont héroïques mais elles ne sont pas appuyées en force par les états occidentaux et l’armement peine à arriver d'Union Soviétique. En revanche le soutien militaire des Allemands et des Italiens est massif et techniquement très avancé. 

Une terrible guerre de position s’engage marquée par le pilonnage de l’aviation allemande suréquipée qui rend la traversée du fleuve presque impossible, d‘autant que la riposte aérienne des Républicains tarde à venir. Les Nationalistes n’hésitent pas à ouvrir les vannes des barrages de Tremp et de Camarasa, noyant une partie de la troupe adverse et de ses munitions, cette soudaine crue du fleuve emportant également ponts, passerelles, embarcations et chevaux. Gandesa, carrefour stratégique, concentre les combats. Peu à peu, les franquistes, plus expérimentés et surtout très bien armés, repoussent les Républicains malgré une résistance acharnée.

Le 15 novembre, les chefs républicains, conscients qu’aucune aide extérieure ne leur sera donnée malgré une opinion internationale qui leur est très favorable, donnent l’ordre du repli et retraversent l’Ebre à Flix, en direction du nord. Le 16, ils font sauter le pont de fer pour ralentir l‘avancée nationaliste et donner aux civils le temps de s’organiser. Quatre mois plus tard, ce sera l’exode général vers la frontière française et la Catalogne du nord et la terrible épreuve des camps de réfugiés. La France se retrouve alors en première ligne et sera défendue dans les maquis contre l’occupant nazi par nombre de ces hommes qu’elle n’a pas su secourir. (Ref à des notes de Cap Catalogne)

Après le verre de l'amitié à la salle polyvalente, si vous le voulez, il sera possible de voir un extrait du film documentaire 'J'en garde la trace' de Néus Viala. 

 Film en grande partie autobiographique, Neus Viala nous amène vers les événements vécus par ses parents en Espagne, avant même sa naissance, la proclamation de la République en 1931, la Guerre civile de 1936-39 et les bombardements de sa ville natale qui ont longtemps hanté son esprit. Elle aurait souhaité parcourir les lieux de la Bataille de l’Ebre avec son père qui y a été présent, mais sa mort subite ne l'a pas permis. Quelque temps après, son chemin a croisé celui de François Folch, exilé en France. Il souhaitait lui aussi revenir sur les lieux de la Bataille, où en 1939 en pleine jeunesse, sa vie a basculé. Le film montre leur voyage sur les lieux même de la Bataille, les villages devenus brutalement ennemis par la cristallisation du front de combat, les chaînes abruptes de Pàndols et Cavalls, que l’on ne peut encore parcourir sans retrouver, tous les dix pas, éclats d’obus et de mitrailles. Ils écoutent la parole qui renaît en Espagne. La Bataille de l’Ebre et l’échec de la République pour la défense de sa légalité, reste un moment décisif pour l’histoire de l’Europe (...).

Le 8 octobre dernier, des milliers d'Espagnols ont défilé à Madrid contre l'austérité... hier 13 octobre un vent de RESISTANCE a soufflé en Europe avec LA JOURNEE MONDIALE DES INDIGNES (Londres, Florence, Lisbonne, Athènes...)

La solidarité internationale serait elle en marche?

14 octobre 2012 à Gourdon-Murat

Nous étions trop nombreux dans cette salle pour que la projection soit correcte. Les affiches et les divers documents préparés par Denise ont été plus efficaces.

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Lors de cette commémoration je porte toujours au revers de ma veste une insigne trouvée tout au fond d'une vieille malle. J'aime à penser qu'elle appartenait à l'oncle Damien.

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Commenter cet article

Quichottine 17/10/2012 00:04


C'est un bel hommage que tu as fait là... et c'est bien d'avoir rappelé les circonstances et les conséquences de cette guerre.


 


Je ne sais si les indignés finiront par avoir gain de cause, mais je crois qu'il est plus que temps de réagir.


 


Bisous et douce soirée.


 

jean-pierre 16/10/2012 10:44


bonjour Dany . heureux de te retrouver . toujours a la ponte de l'action ! c'est bien .


bonne journée avec de gros bisous 

patriarch 16/10/2012 07:19


Un époque que peu de gens connaissent.... Ils y a eu aussi les camps de réfugiés en France que l'Etat ^parquait comme des pestiférés. Beaucoup sont allés au maquis avant que les allemands fassent
une razzia pour les envoyer en Allemagne..


 


Bonne journée avec bises

Martine Eglantine 16/10/2012 06:53


Il est joli cet insigne à transmettre de génération en génération pour ne pas oublier. Bisous

Martine Eglantine 15/10/2012 13:17


Très émouvant ton texte pour cette cérémonie et un beau message d'espoir pour l'Europe en guise de conclusion. Bises

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