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Les potins de Ionard

Les potins de Ionard

Mon village natal, Gourdon-Murat, terre de landes , de bois et de bruyères en Corrèze. La ferme de la Grande Ourse et son jardin. L'histoire de mes ancêtres : de Napoléon -guerre de 14-18 - guerre d'Espagne - Résistance. La cuisine que j'aime. Mes pinceaux. Balade en moto.


La Commune n'est pas morte!

Publié par Ionard sur 7 Août 2011, 23:00pm

Catégories : #Echos de Liberté

On fête les 140 de la Commune cette année...

Samedi, ce moment d'histoire était à l'honneur.....dans une petite église de village.

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Sur cette terre de résistance qu'est la Haute Corrèze, nous avons eu à coeur de restaurer notre petite église qui date du 12ème siècle, par respect pour ceux qui croient au ciel mais aussi pour ceux qui n'y croient pas. Elle est notre patrimoine et nous en sommes fiers.

Ces chants de lutte ouvrière résonnaient haut et fort.

Riton la manivelle a chanté magnifiquement deux chansons de Jean-Baptiste Clément, 'le temps des cerises' et 'la semaine sanglante'.

Un petit rappel sur JB Clément

'Né dans une famille aisée, originaire de Nanterre, fils d'un riche meunier de Montfermeil, il quitte très jeune le foyer. Dès l'âge de 14 ans, il exerce le métier de garnisseur de cuivre, métier qu'il qualifiait lui-même de plus insignifiant de tous les métiers. Il exerce encore plusieurs autres métiers et rejoint Paris où il côtoie des journalistes écrivant dans des journaux socialistes, notamment « Le Cri du peuple » de Jules Vallès. En 1867, il doit se réfugier en Belgique, où il publie la célèbre chanson Le Temps des cerises. Revenu à Paris, il collabore à divers journaux d'opposition au Second Empire, tels que La Réforme de Charles Delescluze et Auguste Vermorel. Jean Baptiste Clément est condamné pour avoir publié un journal non cautionné par l'empereur.

Il est alors emprisonné à la prison Sainte-Pélagie jusqu’au soulèvement républicain du 4 septembre 1870. Membre de la Garde nationale, il participe aux différentes journées de contestation du Gouvernement de la Défense nationale le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871. Le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune par le XVIIIe arrondissement. Il est membre de la commission des Services publics et des Subsistances. Le 16 avril, il est nommé délégué à la fabrication des munitions, puis, le 21 avril, à la commission de l'Enseignement. Dans Le Cri du peuple, il proteste contre la fermeture de certains journaux d'opposition à la Commune. Combattant sur les barricades pendant la Semaine sanglante, il écrit peu après la chanson La Semaine sanglante qui dénonce la violente répression contre les communards.

La Semaine sanglante, du 22 au 28 mai 1871, est l'épisode final de la Commune de Paris, où celle-ci est écrasée et ses membres exécutés en masse.( source Wikipédia)

Quelques extraits de ces chants...

 

 

Paroles : Jean-Baptiste Clément




Sauf des mouchards et des gendarmes,

On ne voit plus par les chemins,

Que des vieillards tristes en larmes,

Des veuves et des orphelins.

Paris suinte la misère,

Les heureux mêmes sont tremblants.

La mode est aux conseils de guerre,

Et les pavés sont tous sanglants.


- Refrain :

Oui mais !

Ça branle dans le manche,

Les mauvais jours finiront.

Et gare ! à la revanche

Quand tous les pauvres s'y mettront.

Quand tous les pauvres s'y mettront.


Les journaux de l'ex-préfecture

Les flibustiers, les gens tarés,

Les parvenus par l'aventure,

Les complaisants, les décorés

Gens de Bourse et de coin de rues,

Amants de filles au rebut,

Grouillent comme un tas de verrues,

Sur les cadavres des vaincus.


- Refrain -


On traque, on enchaîne, on fusille

Tout ceux quon ramasse au hasard.

La mère à côté de sa fille,

L'enfant dans les bras du vieillard.

Les châtiments du drapeau rouge

Sont remplacés par la terreur

De tous les chenapans de bouges,

Valets de rois et d'empereurs.


- Refrain -


Nous voilà rendus aux jésuites

Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.

Il va pleuvoir des eaux bénites,

Les troncs vont faire un argent fou.

Dès demain, en réjouissance

Et Saint-Eustache et lOpéra

Vont se refaire concurrence,

Et le bagne se peuplera.


- Refrain -


Demain les manons, les lorettes

Et les dames des beaux faubourgs

Porteront sur leurs collerettes

Des chassepots et des tambours

On mettra tout au tricolore,

Les plats du jour et les rubans,

Pendant que le héros Pandore

Fera fusiller nos enfants.


- Refrain -


Demain les gens de la police

Refleuriront sur le trottoir,

Fiers de leurs états de service,

Et le pistolet en sautoir.

Sans pain, sans travail et sans armes,

Nous allons être gouvernés

Par des mouchards et des gendarmes,

Des sabre-peuple et des curés.


- Refrain -


Le peuple au collier de misère

Sera-t-il donc toujours rivé ?

Jusqu' à quand les gens de guerre

Tiendront-ils le haut du pavé ?

Jusqu' à quand la Sainte Clique

Nous croira-t-elle un vil bétail ?

À quand enfin la République

De la Justice et du Travail ?

Commenter cet article

caroleone 18/03/2014 15:29


Bonjour Dany,


 


Ton article est très complet et bien fait.


J'ai su apprécier vos petites églises de campagne, bien chaleureuses et au charme particulier et même ceux qui n'y croient pas apprécient


Puis, les paroles de Clément sont vraiment adaptées à cette époque, la Commune a permis aussi l"éclosion d'une poésie engagée et profonde, à la force toujours actuelle et c'est bien de les
laisser "traîner" sur la toile ce qui leur permet de vivre encore. Alors que rangées dans un tiroir ou un livre, elles n'ont pas le même impact.


Je pense et je ne crois pas me tromper que l'histoire de la Commune est vraiment très peu enseignée et qu'elle prend vie et forme que dans les cercles militants. Je ne sais pas comment on arrive
à populariser notre mémoire, sans pour autant la râbacher quand en face de nous les gens semblent hermétiques à tout ce qui n'est pas diffusé sur les médias carpettes


On a du pain sur la planche et une vie d'homme n'y suffira pas.


Bises


 


caro

Phéline 10/08/2011 21:03



Beau moment d'histoire ! C'est si important de savoir se souvenir ! Pour la mémoire de ceux d'avant et pour tout ce qu'il y a à léguer aux générations à venir !


Bravo ! à bientôt bonne soirée bises Phéline



AG 09/08/2011 22:08



Que je voudrais que ces mots n'aient plus à être chantés ! Mais, hélas, ils n'ont rien perdu de leur actualité !


Passe une bonne soirée malgré tout.



monique 08/08/2011 11:20



quelques progrès peut-être depuis cette époque où ma pauvre grand-mère bretonne a dû laisser sa famille pour aller travailler ailleurs et où ma pauvre arrière-grand-mère fille mère est morte je
ne sais où ni quand... j'ai une maison, une retraite, des loisirs... mais tout le monde ne peut pas dire autant et les inégalités s'accentuent... 



patriarch 08/08/2011 11:10



Il en faudrait dans toutes les communes des journées comme celles ci...


 


belle journée avec bises de nous deux



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