La croix du Bourg le Bec et d'autres.....
Françoise a donné tout de suite la réponse:
"Ce serait une croix située sur la route du Bec, entre le Bourg et le Bec, juste avant d'y arriver, sur un gros rocher. Un paysan en revenant de faucher, portant sa faux sur l'épaule, aurait été foudroyer à ce niveau. Cette Croix aurait été posée là en souvenir de cette personne. (transmission orale par les anciens) .
Et maintenant je partage avec vous un article de Martine Dumeurger de Libération
(23 décembre 2013)
Je trouve qu'elle parle très bien de notre plateau!
"Millevaches, mille croix sur un plateau
Sur ce territoire enclavé, chaque croix érigée a une typologie et un emplacement particulier.
Tapis, isolés, bordant les sentiers… Ces vestiges oubliés, qui protégeaient les croyants ou indiquaient le chemin aux égarés, gardent le plateau depuis le Moyen Age.
De Limoges, on accède au plateau de Millevaches doucement. Ici, la montagne culmine à presque 1 000 mètres, mais rien ne se déchire ni ne se brise.
A la belle saison, les prairies déroulent leur tapis vert tendre, assombri par des bouquets de joncs. Elles alternent avec les forêts de feuillus et les rangées serrées des conifères. Au milieu, l’eau s’immisce et serpente, sereine, le long des prés et des rochers. On ne croise personne pendant des kilomètres. Et pour cause : nous sommes dans un des endroits les moins habités de France. Malgré les apparences, sur le plateau, la vie est dure, surtout l’hiver. Le sol pauvre, les habitants isolés.
Ce décor recèle pourtant une multitude de trésors cachés : des dizaines de croix en granit, semées au creux de ses chemins et vallons. Parfois là depuis plus de mille ans, elles racontent le passé de cette montagne désertée : les croyances d’autrefois, en lien avec la terre et l’eau, la lente christianisation du territoire et les chemins de passage au cœur de cette région peu fréquentée.
Pour comprendre cette histoire, il faut imaginer. A l’origine, le paysage n’était pas forestier, il était recouvert de landes. Humides dans les creux, elles formaient des tourbières. Sèches sur les sommets, elles se paraient de genêts et de callune (une espèce de bruyère). Une terre sans arbres, habitée par les brumes et les vents. D’ailleurs le nom de Millevaches n’a rien à voir avec l’animal. Il viendrait du latin, composé du nom melo, «un lieu élevé», et de l’adjectif vacua, «vide» ou «abandonné». Selon une autre version, il découlerait de mille vacca, en référence aux mille sources qui arrosent la montagne.
Dans cet endroit reculé, jusqu’au début du XXe siècle, les habitants vivaient en quasi-autarcie. Les hommes travaillaient la pierre ou le bois, partaient de longs mois sur des chantiers, puis revenaient au pays. Là, ils possédaient quelques bêtes et subsistaient grâce à leur potager. Entre les deux guerres mondiales, Marius Vazeilles, un expert en forêt, leur conseille de planter des sapins, pour gagner un peu d’argent. Avec les années, la tendance s’intensifie. Les résineux remplacent les landes à bruyère où broutaient les ovins. On crée des pâtures et on y élève des vaches à viande.
Cette évolution du paysage se répercute sur la population déjà peu nombreuse. La forêt engloutit la lande et repousse l’homme. Peu à peu, le réseau social se dégrade. Les travailleurs rejoignent la ville. Les commerces ferment, les écoles se vident. Aujourd’hui, les derniers milieux originels sont protégés. Ainsi la tourbière du Longeyroux est-elle un conservatoire aménagé pour les visites.
Herbes folles.
Les hommes partent mais les croix, elles, subsistent. A la croisée des chemins, tapies dans les sous-bois, isolées au fond des hameaux ou protégées par un chien hurlant, elles se dissimulent dans leurs habits de mousse. Sculptées dans la solidité du granit, elles ont traversé les âges et appartiennent à ce patrimoine méconnu.
Difficiles à dater, les plus anciennes ont sûrement été taillées aux abords de l’an 1 000. A cette époque, seul Dieu compte et les artistes sont anonymes. Dans le village de Lestards, la croix de Clossagne est un bonheur de simplicité. Parmi les herbes folles, sa tête surgit, timide, sur un talus. Comme elle, beaucoup surprennent par la naïveté de leur style. Arrondies par les années, elles dessinent des personnages trapus aux membres disproportionnés : le visage trop long, les mains et les pieds démesurés, le corps ratatiné.
A l’origine, ces croix possédaient de nombreuses fonctions. Celles de procession conduisaient au cimetière. Avec leur pierre reposoir, elles offraient aux porteurs une halte sur le chemin de l’enterrement et évitaient ainsi au cercueil de toucher terre. Beaucoup indiquaient la direction aux visiteurs et les gardaient de s’égarer dans cette lande inhospitalière. D’autres étaient dressées pour protéger : consacrer le puits communal, bénir sur la route d’une léproserie, indiquer les sources bienfaisantes…
Souvent situées sur des lieux de cultes païens, elles ont participé à la christianisation de la région. Une façon pour la religion de s’implanter dans la terre, de marquer son territoire.
En effet, dès la fin du Xe siècle, tout un réseau de grandes paroisses est établi sur le plateau. Puis les ordres religieux (Bénédictins, Hospitaliers et Templiers) l’investissent. A Peyrelevade, dans le hameau du Rat, la croix du Roc est perchée sur un chaos granitique de plusieurs mètres. D’étranges bacs en pierre l’entourent. Beaucoup y voient des cuves à immersion, un ancien lieu de culte celtique. A Bonnefond, la croix de Saint-Médard est piquée sur une source. Dans le pays, on rapporte que trois verres de son eau soignaient les maux de ventre…
«Rouge».
Aujourd’hui, le plateau n’est plus vraiment catholique. A Millevaches, la résistance coule de source depuis la Révolution et plus tard lors de la Commune. A ce sujet, Pierre Malthieux, président de l’Association de recherche historique et archéologique de Tarnac, détaille: «Très rapidement dans l’histoire, la région est devenue rouge. Les habitants étaient misérables. Les migrants revenaient de Paris avec des idées révolutionnaires. Elles ont tout de suite trouvé un écho"
A relire aussi cet article sur mes potins ici
La croix de Combe Longue - la croix du jal - la croix blanche - la croix de la Gane - la croix grosse
Autre article trouvé sur la Montagne pour illustrer ces croix ci dessus. La croix grosse se trouve sur la route de Murat.
"Au départ, le sentier touristique autour de Lestards portait le nom du Chemin des Morts. Rebaptisé Chemin des Croix, il est devenu beaucoup plus accueillant.
Autour du village de Lestards, des circuits de randonnées proposent une découverte des différentes croix de granit, parsemées sur le chemin. Toutes ont une particularité faisant d'elles des monuments à ne pas manquer. « On en dénombre huit autour de la commune. Pour partir à leur rencontre, il existe deux moyens : un circuit pédestre et un autre routier. Mais les plus courageux peuvent tout faire à pied. C'est une occasion d'avoir un aperçu de l'ensemble de la région », rappelle le maire de la commune.
L'histoire des croix est un autre moyen de connaître en profondeur celle d'un pays, et plus particulièrement Lestards. Comme la croix du Pey, plantée dans le rocher, qui offre l'ébauche d'un visage du Christ.
Aux extrémités de la traverse, des têtes sont gravées. La croix de la Combe Longue, quant à elle, est plus mystérieuse. Elle est datée entre le VI e et XIII e siècle. Mais sa forme remarquable en forme de tau (l'insigne reconnaissant de la fraternité des Franciscains, NDLR) est surmontée d'une tête surprenante. La Croix blanche est intimement liée à une légende de la commune. Celle-ci raconte qu'une femme a accouché à cet endroit, il y a plusieurs siècles, de jumeaux. Or, à cette période, une telle naissance attirait de mauvais présages sur le voisinage. La jeune mère aurait été sacrifiée à l'endroit même où la Croix blanche a été construite. À la Bussière, l'artiste a sculpté dans le granit les traits d'une colombe symbolisant probablement la Résurrection. Enfin, la Croix de la Gane, la dernière à avoir été découverte, n'a pas encore révélé tous ses secrets.
Contacts. Renseignements auprès de l'Office de tourisme au 05.55.95.18.68.
Les croix de Lestards
Jusqu'en 1882, il n'y avait qu'un seul cimetière à Lestards, situé autour de l'église. Les morts des villages du nord de la commune, le Madegal, la Clossagne, la Bussière, Coissac, la Côte étaient portés à dos d'hommes jusqu'à Lestards. Ils empruntaient alors le "chemin des morts" ou "chemin des croix" qui traversait les sommets: la croix blanche, la croix de la Bussière, la croix de la combe longue, etc.
Lors de l'hiver particulièrement enneigé de 1879, les villages du nord de la commune ne pouvant acheminer leurs morts jusqu'à Lestards, durent les garder plusieurs jours. Ils envoyèrent une pétition au Préfet pour demander la création d'un nouveau cimetière à la Bussière, ce qui fut fait en 1882."
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