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Les potins de Ionard

« Parle d’un país mòrt que ne sap pas si viu d’enguera....."

10 Mars 2018 , Rédigé par Ionard Publié dans #Marcela Delpastre, #Echos de Liberté

« Parle d’un país mòrt que ne sap pas si viu d’enguera....."

En ce temps délétère où l'on massacre les arbres et où certains pensent  implanter un projet industriel en plein Parc Naturel Régional de Millevaches,je donne la parole à Marcelle Delpastre notre grand poète occitan......

« Anei vers queu país coma aniriatz ad un amic, li borrar sus l’espatla : desvelha-te ! »

[J’allai vers ce pays, comme on irait vers un ami, lui taper sur l’épaule : réveille-toi !] Saumes pagans, « Queu país » [Ce pays].


« Parle d’un país mòrt que ne sap pas si viu d’enguera. D’un país mòrt dins sas romecs ; dins la rulha de sas levadas, d’un país que s’oblida se-mesme. »

[Je parle d’un pays mort qui ne sait pas s’il vit encore. D’un pays mort dans ses ronces ; dans la rouille de ses rigoles. D’un pays qui s’oublie lui-même.] Saumes pagans, « Lo país mòrt » [Le pays mort].

Les arbres du Préchaud

Les arbres du Préchaud

Qu'escotetz, qu'escotetz pas, qué quò me fai ?  

 Que vous écoutiez, que vous n'écoutiez pas, qu'est-ce que cela me fait ?


Queu que passa, qu'escote o que passe, qué quò me fai ?  

 Celui qui passe, qu'il écoute ou qu'il passe, qu'est-ce que cela me fait ?


Si escotatz lo vent, quand bufa dins los faus e quand brama dins l'aire ;  

 Si vous écoutez le vent, quand il souffle dans les hêtres et quand il brame dans l'air ;


Si sabetz escotar lo vent, quand mena sas nivols coma de grands ausels de mar, e quand brama dins l'aire emb sa gòrja de giau ;  

 si vous savez écouter le vent, quand il mène ses nuages comme de grands oiseaux de mer, et quand il brame dans l'air avec sa gorge de gel ;


si avetz auvit per cas de la font e la granda aiga e la fuelha purar, lo marmús de l'erba madura en los prats,  

 si vous avez parfois entendu la fontaine et le fleuve et la feuille pleurer, le murmure de l'herbe mûre dans les prés,


podetz saber çò qu'ai a dire.  

 vous pouvez savoir ce que j'ai à dire.


Zo sabetz desjà.  

 Vous le savez déjà.
 

Marcelle Delpastre, Preludi / Prélude, extrait de Saumes pagans / Psaumes païens, ed. dau Chamin de Sent Jaume, 1999.

par Elise Andrieu Réalisation : Gilles Davidas

J'ai voulu voir la poésie en face , répétait souvent Marcelle Delpastre .

De la maison familiale de Germont, dans le Limousin, où elle vivait et travaillait la terre, Marcelle Delpastre a écrit des milliers de pages. Chaque jour, au moment où l'écriture venait, elle sortait le carnet à spirale de sa poche, et le veau pouvait alors attendre... Perçue comme une paysanne par le monde littéraire, et comme une étrange femme qui écrivait par les ruraux, Marcelle Delpastre est restée méconnue pour ce qui l'habitait le plus : la poésie. Presque sans jamais sortir de son microcosme, elle a écrit l'arbre, la terre et la mer qu'elle n'avait jamais vue. Elle se pencha aussi sur la sensualité et l'amour. En occitan, la langue de sa mère, et en français, langue de son père. Elle célébrait le mystère de la création, de la graine qui germe à la divinité. S'isolant par choix dans la ferme où elle trouvait le calme pour écrire, elle vécut seule avec ses parents, ne se mariant pas. Et tiraillée entre le désir de vivre et celui d'écrire, elle laissa rejaillir dans ses poèmes une violente désolation. Quelques jours avant de mourir, elle demandait encore : Qu'est-ce qui devait compter ? Vivre ou écrire ?

Avec la voix de Marcelle Delpastre archives INA, extraits des films Marcelle Delpastre, à fleur de vie et Marcelle, parole de Patrick Cazals, lecture de Monique Burg

« Parle d’un país mòrt que ne sap pas si viu d’enguera....."
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Q
Ceux qui détruisent tous ces arbres ne savent pas qu'ils ne pourront bientôt plus respirer... les arbres nous protègent, protégeons-les.<br /> Merci pour ce poème et pour ton bel hommage à cette poétesse trop méconnue.<br /> Bisous et douce journée.
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D
quelle belle langue! j'aurais tant aimer la parler... j'ai une grand-mère périgourdine, mais je ne l'ai pas connue, et l'occitan est pour moi sa "représentation". le phrase de la poète limougeaude (limousine?) que tu cites est terrible je trouve; elle dit l'exigence de cette femme, l'exigence du don artistique qui fut le sien, comme un sacrifice.
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M
C'est magnifique, merci pour ce pur moment de poésie Dany, les mots en occitan on une saveur particulière, même si hélas mes parents ne nous ont pas parlé le Gascon, quel dommage, il m'en reste des bribes et le gout de ces expressions si chantantes... Parler des arbres c'est parler de la vie, merci pour ces beaux extraits !<br /> Au dessus de chez moi il reste de belles plantations de pins sur le Chemin de la Reine Jeanne, malgré le massacre de la tempête Klaus<br /> Bon dimanche chère Dany
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D
oupssss ..... je le comprends tout quand on le parle mais écrit c'est pas facile !<br /> L'image de fin est très belle <br /> Bises Dany, bon week-end
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K
Tu as bien fait de donner la parole à Marcelle Delpastre grand poète occitan...<br /> Avec une très jolie illustration...<br /> Massacrer des arbres... GRRRRRR<br /> Bisous Dany
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