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Les potins de Ionard

L'église au toit de chaume

20 Février 2009 , Rédigé par Ionard Publié dans #Gourdon - canton et environ

Unique en France et peut être en Europe, cette petite église datant du XIème siècle est recouverte de chaume.
En juillet dernier le chaume a été changé!
Pour en savoir plus ici.



Voilà en quelques mots son histoire.

Saint Antoine était un ermite égyptien du IV siècle. Après sa mort en 356, sa dépouille fut transporté à Alexandrie puis à Byzance. En 1070, lors d’une croisade, elle fut remise au croisé Jocelyn, Baron du Viennois, à la condition qu’elle reçoive une digne sépulture et qu’un cloître soit bâti auprès de son tombeau. Le corps du Saint fut ainsi ramené dans un village du Dauphiné situé près de Vienne, qui prendra plus tard le nom de Saint- Antoine-L’abbaye.
En 1095, à la suite d’une guérison miraculeuse, le pape Urbain II autorisa la création d’un ordre hospitalier, l’ordre de Saint –Antoine de Viennois, qui devait faire preuve de charité envers les pauvres et les malades.
L’ordre implanta alors une abbaye à St-Antonin-L’abbaye et des commanderies dans l’Europe entière, dont une à Lestards vers 1300. Cette dernière était située à proximité de l’église, probablement dans les bâtiments de la ferme que l’on appelle encore ‘la Commanderie’.

Une commanderie était à l’origine un établissement hospitalier ou une maison-forte dans lesquels les voyageurs, les pèlerins et les malades trouvaient gîte, soins et protection. Elle était de plus un relais entre les possessions de l’ordre ainsi qu’une exploitation agricole et relevait directement de l’abbaye-mère. Ce que confirment pour Lestards les archives départementales de la Corrèze dans un ‘bail des dixmes de bledz, agneaux, filasses, cens rentes et autres droitz et usaiges du domaine dépendant de la commanderie St-Antoine de Lestards ‘ daté de 1624.

La commanderie était dirigée par un commandeur nommé par l’abbé de St- Antoine-L’abbaye. Pendant quatre siècles, de nombreux commandeurs se sont succédés à Lestards, en particulier :
-1300 : Pierre de Beaumont
-1391 : Danalon Rigaud
-1436 : Guillaume Maisonneuve
-1470 : Durand de Vernet
-1509 : Pierre de Faucon
-1569 : Georges de Nespoux
-1587 : François de Leschamel
-1597 : Charles Bernard
-1601 : Jean Lantourne
-1606 : Michel Duport
-1615 : Jean Decoux
-1649 : Simon de Bonnefon
-1650 : Antoine Camus
-1675 : Léonard Philiparie
Les pierres tombales de ceux-ci sont probablement celles marquées de croix et de symboles que l’on peut découvrir autour de l’église et dans l’édifice lui-même.
Les hospitaliers de St-Antoine s ‘employaient à soigner une terrible maladie qui foudroyait quiconque en était atteint : le mal des Ardents, ou feu de St-Antoine. Les malheureux atteints de cette maladie voyaient brûler leurs membres comme par l’effet d’une chaleur interne. Les chairs se gangrenaient et les os, saisis à leur tour, cassaient comme du bois mort et tombaient d’eux-mêmes.
Le remède de ce mal était le saint Vinage, un breuvage à base de vin connu seul des frères de l’ordre, qui devait être mis en contact avec les ossements du saint le jour de l’Ascension. Mélangé à la graisse de porc il servait également d’onguent.
Au fil des siècles, la commanderie prit de l’ampleur et obtint la cure de Lestards. Le commandeur devint ainsi curé de Lestards et assura la direction de la paroisse avec la collaboration d’un vicaire .
En 1770, après une longue période de prospérité, les archives nous apprennent que ‘Messire François Dulcem, marquis de Boisse, vicomte de Treignac s’oppose à Maître Jean De Gains, prêtre et vicaire perpétuel de la paroisse de Lestards, pour la revente du fief et de la commanderie’.
Depuis 1766 en effet la tranquillité de l’ordre était menacée en la personne de l’archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, futur premier ministre de Louis XVI.
Celui ci condamna par l’Edit de 1768 les commanderies où le nombre de religieux n’excédait pas vingt sujets par maison.. L’abbaye-mère et les commanderies furent ainsi dans l’obligation de céder leurs biens à l’Ordre de Malte.
Cette union fut très courte puis en 1789, veille de la Révolution Française, les biens furent vendus comme propriété nationale.
Ainsi s’éteignit l’un des plus prestigieux ordres de la Chrétienté.
Sources : Maison du tourisme et du Patrimoine de St Antoine- L’abbaye
                Dictionnaire des paroisses de l’abbé Poulbrière
                Archives départementales de la Corrèze

Tous les ans, dans le cadre des Musicales du Plateau, un concert y est donné.
L'acoustique y est vraiment superbe!

Ca vous dirait d'entendre Marie-Line Briffa à la flûte?
Si vous en êtes d'accord, je monterai un petit clip et demain je vous parlerai encore de Lestards et de ses 7 croix!

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S
très belle église visité il y a 3 ans tous le toit de chaume venait être refait
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D
<br /> <br /> Bonjour,<br /> <br /> <br /> J'ai découvert la semaine dernière (18 août 2010) l'église de Murat dont j'ai apprécié l'architecture, les vitraux ... et la toiture en chaume !<br /> <br /> <br /> J'ignore s'il en existe beaucoup d'autres en France, mais l'église de Murat n'est pas la seule à être couverte en chaume : en Isère, la petite église à nef unique du hameau Trésanne, sur la<br /> commune de Saint-Martin-de-Clelles, au pied du Mont-Aiguille, l'est également.<br /> <br /> <br /> Sa couverture a été refaite il y a dix ans, en 2000, selon le mode de pose local dit "à la baguette continue", encore observable à l'époque auprès de vieux chaumiers sur le Vercors et le Trièves<br /> (mode de pose très voisin de celui du Césalier dans le Massif-Central).<br /> <br /> <br /> Cette opération "Chaume", initiée par la Conservation du Patrimoine de l'Isère/Service du Patrimoine Culturel, a été réalisée en partenariat avec le Centre Charpente et Bois de la Fédération<br /> Compagnonnique des Métiers du Bâtiment, le Parc Naturel Régional du Vercors, l'APAP (association pour la promotion des agriculteurs du Parc), avec la participation d'anciens chaumiers du Vercors<br /> et du Trièves et l'aide technique de Luc Breuillé, spécialiste des toitures végétales. Elle a permis de réaliser un film (pour conserver la mémoire du savoir faire local) et deux chantiers-école,<br /> l'un sur le plateau du Vercors, sur un petit abreuvoir couvert (à Hébertière, à Autrans), et le second sur la chapelle de Trésanne.<br /> <br /> <br /> Dominique Chancel - Architecte et Historien du patrimoine -  Service du Patrimoine culturel - Direction de la Culture et du Patrimoine- Conseil général de l'Isère -<br /> 04-76-00-31-21 - www.isere-patrimoine.fr et www.isere-culture.fr<br /> <br /> <br /> <br />
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M
Coucou Ionard, c'est vraiment surprenant cette église au toit de chaume !Je te souhaite une très bonne soirée.Gros bisous,
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B
Dis donc, elle a vécu tout ça et elle est encore vaillante ... Merci pour la présentation ... :0010: Dany !
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M
très jolie église ; tu devrais envoyer la photo à Dany en Chine !!! ce soir, j'ai peint une église au toit aussi original : celle de Nupsstandur en Islande, couverte de tourbe et d'herbe
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