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Les potins de Ionard

Restauration de l'église (suite)

24 Septembre 2006 , Rédigé par dany magnaval Publié dans #Gourdon - canton et environ




Une brochure était mise à la disposition des visiteurs.

Elle a été rédigée par Mr Jean-Pierre Dupeyroux



Cette brochure présente l’histoire, les éléments d’architecture, le mobilier, la statuaire et les fameuse peintures murales découvertes dans cette église.
En voici le contenu :
Histoire et architecture
     Cette église est consacrée à Saint Pierre-aux-liens en souvenir d’un miracle qui fît trancher ses chaînes. Sa fête est le 1er août. Elle possède une très grande sœur à Rome :  la Basilique Eudoxienne célèbre par la statue de Moïse de Michel-Ange.
     Elle était celle de Murat qui à l’époque de sa construction, était le principal village de la région avec pour écarts Gourdon, Chemin, Le Bourg…Le mot Murat vient probablement du latin muratus : lieu muré fortifié. Des familles du nom de Murat existèrent en Bas Limousin : un Archambault de Murat est attesté en 1080. Entre le XIIIème et le XVème siècle, malgré les pires malheurs (guerre de 100 ans, guerres civiles, actes de brigandage…) le sol de France et en particulier du Limousin, se couvre d’églises, témoignage d’une foi intense. A la fin du XIX me siècle, l’essor économique se traduit par le développement des villages en bordure des routes, c’est le cas de Gourdon, situé sur la route de Bugeat à Treignac. En 1897,  Murat ne compte plus, en dehors du presbytère et de la mairie que deux propriétés. La mairie est transférée à Gourdon au XXème siècle (délibération du 26 octobre 1969)
L’église est d’un plan classique avec une nef centrale et deux chapelles latérales. Le matériau de construction est le granite d’extraction local. Les toits devaient être en chaume lorsque l’on observe les pentes. Il faut signaler la couverture en lauzes de la chapelle sud.

   Le plan à nef unique et chevet plat, la présence de banquettes le long du mur de la nef peuvent faire remonter les bases de la construction à l’époque romane. Néanmoins, son aspect actuel résulte des remaniements effectués aux XVème siècle (chapelle sud), XVII-XVIIIème siècle (reprise haute des murs, du portail, de la couverture, décors peints) et XIXème siècle (badigeon blanc des murs, décor de l’oculus du chœur.
Au XVIIème siècle, d’importants travaux sont faits, sous l’influence et avec peut-être le financement des nouveaux seigneurs : les Boisse de Lafarge qui font poser leur blason au dessus de la porte. L’importance des contreforts du mur conduit à penser qu’ils ont servi à consolider le bâtiment.
   Les Boisse de Lafarge ont succédé aux Pompadour qui eux - mêmes avaient succédé aux vicomtes de Comborn. Il est probable qu’il y a, enterrés non loin de l’autel la tête tournée vers l’ouest, quelques membres de cette famille.
   Comme toutes les églises du canton de Bugeat, il y a un clocher mur sur la partie occidentale. Celui-ci comprend quelques particularités qui méritent d’être soulignées :
- il y a trois baies alignées pour trois cloches, ce qui est peu courant, en général il y a en deux. La tradition veut que l’une des trois cloches ait été donnée par la maison Pompadour.
- Il est de forme trapézoïdale surmontée d’une croix entourée de deux cônes avec un rappel sur la croix à côté de l’église. Ces motifs architecturaux appelés « Amortissements » sont caractéristiques des décorations de la période classique (XVIIème siècle) au dessus des frontons ou des lucarnes dans les bâtiments civils. Ils n’ont pas de signification religieuse.
- La face occidentale ne comprend pas de porte d’entrée même si c’est le cas pour d’autres églises (Pradines).

Le mobilier et la statuaire
   L’église conserve un intéressant mobilier des XVII-XVIII ème et XIX ème siècles. Les bois de chêne, rongés par l’humidité et attaqués par les insectes xylophages ont été traités et consolidés ; certains éléments, nécessaires à la stabilité de l’ensemble ou permettant une meilleure compréhension de l’œuvre ont été restitués.
   Caractéristique du mobilier issu des directives de la Contre-Réforme, le maître- autel repose sur une estrade. Peint au siècle dernier d’une terne couleur marron, la restauration a fait apparaître les polychromies anciennes. La table d’autel (refaite au XIXème siècle) est décorée dans ses angles de têtes d’angelots XVII-XVIIIème siècles. Sur la prédelle (sorte de gradin où étaient disposés les porte-cierges et les vases) se déploie une guirlande alternant des têtes d’anges ailés et des motifs floraux. La porte du tabernacle est sculptée d’une  Dérision du Christ ; Dieu le Père sortant des nuées surmonte une façade du tabernacle. Les niches des panneaux latéraux du tabernacle abritaient des statues disparues. L’ensemble est surmonté d’une exposition (niche où était présenté le Saint Sacrement dans un ostensoir) ;l’angelot de droite, volé à une date indéterminée, a été resculpté sur le modèle de gauche. Les volutes d’encadrement de l’ensemble, sont du siècle dernier : elles ont été peintes en accord chromatique avec l’ensemble, de même que les boiseries de fond du chevet en faux marbre.
   L’autel de la chapelle sud a retrouvé sa peinture en faux marbre.
Six statues ont également bénéficié d’une restauration dont une Vierge à l’enfant et une statue de Saint Pierre-aux-Liens (en référence au vocable de l’église).
   Il faut signaler 13 lithographies d’un chemin de croix, remontant vraisemblablement aux années antérieures à 1881, date à laquelle le curé de Lestards les avait encadrées avec montage sur des journaux d’époque (détenus à la mairie de Gourdon).

Les peintures murales et les vitraux
   Les murs étaient couverts de plusieurs couches de lait de chaux. La restauration a permis de révéler une litre funéraire courant en haut des murs : ce décor funèbre, frappé d’un écu armorié, celui des Boisse de Lafarge, était peint lors des funérailles d’un seigneur. Elle a été peinte pour les funérailles de Jacques ou de Joseph de Boisse au XVIIIème siècle. La couronne aussi de l’écu correspond au titre de Vicomte, celui du vicomté de Treignac acheté par la famille en 1737. Elle est interrompue vers le mur ouest : elle venait buter contre une tribune en bois des XVII-XVIIIème siècle qui a été supprimée.
   Sur le mur du chœur sont désormais visibles plusieurs niveaux de décors muraux : un décor d’arbre aux branches grêles sans feuillage dont la signification est difficile à préciser, peut-être l’arbre de vie ; c’est la couche la plus ancienne (XV-XVIème siècle). Puis au XVII-XVIIIème siècle, la mise en place d’un nouveau maître-autel appela la confection d’un décor simulé peint d’une fausse architecture de colonnes entre lesquelles sont suspendues des médaillons de Sacré-Cœur (la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus se développe au cours des XVII et XVIIIème siècles) et de draperies. Enfin, au XIXème siècle, après un badigeonnage en blanc de l’ensemble de l’édifice, seul l’oculus du chœur reçut une mise en valeur par cette alternance de faux claveaux peints en blanc et rehauts d’entrelacs et de noir.
   La chapelle sud, dédiée au siècle dernier à Saint Pierre, présente également une mise en valeur par un accompagnement peint sur les murs d’un encadrement accolé de volutes et surmonté de vases de fleurs. Cette chapelle, probablement d’origine seigneuriale, était sous le vocable de la Vierge au XVIIIème siècle (date probable des peintures) en raison de la présence du monogramme de la Vierge en partie supérieure.
   L’église de Murat offre un témoignage particulièrement intéressant d’un art religieux populaire : décor floraux, sculptures simples. Une homogénéité est assurée entre le mobilier liturgique et les décors peints. Elle vient des directives de la Contre-Réforme appliquée dans une région où l’influence du protestantisme était forte.
Un ensemble de six vitraux contemporains a été réalisé par une artiste régionale.
   Le choix esthétique a été déterminé par une tonalité en accord avec le décor mural mis à jour. Les vitraux ont été faits en technique traditionnelle. Un verre anti-effraction avec un système de ventilation protège ces vitraux.


La rénovation de l’église et la mise en valeur du patrimoine
La dernière restauration de l’église a débuté en 1998 pour s’achever en 2005. Elle s’est composée de 4 tranches ainsi que du sondage des peintures, de la restauration, du mobilier et du changement de vitraux. Le coût de l’ensemble de ces travaux s’est élevé à 165.416,62 € TTC. Ces travaux ont bénéficié de l’aide financière du Conseil Général, de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), de dons de plusieurs associations, notamment la Sauvegarde de l’Art Français, la Fondation du Patrimoine et l’Association des Amis du Pays de Bugeat. Une souscription publique a été également lancée.

   Les conseils techniques ont été apportés par le SDAP( Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine), la Conservation des Antiquités et Objets d’Arts et le Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement.

   La rénovation de cette église qui a nécessité un effort important et dans la durée de la Municipalité de Gourdon-Murat, s’inscrit dans une politique générale de mise en valeur du patrimoine  de notre région.
On peut citer, en effet :
- l’achat par la Commune du terrain entourant le Chêne de Sully (à 200 mètres de l’Eglise en allant vers Gourdon.
- La restauration de la Maison Gasparoux sur la place de l’Eglise.
- La mise en valeur de l’ensemble des éléments constituant la villa gallo-romaine des Mazières.

Intérieur de l'église
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