Corrèze : ce qu'il faut retenir de la réunion publique de Bugeat sur le projet industriel contesté de Viam/Bugeat
Je retranscris cet article du journal La Montagne lu sur le web un copié/collé
Nous étions à cette réunion, debouts au fond de salle et n'entendant quasiment rien....
Mr Jacques Joffre maire de Gourdon-Murat était lui aussi présent et a du rester debout!!!
Donc pour ceux qui n'ont rien entendu ou qui ne pouvaient être là!
Article de Lherpinière lu dans la Montagne d'hier
Dans le cadre de l'enquête publique sur un projet de fabrication de pellets torréfiés à partir de souches d'arbres, entre Viam et Bugeat, le commissaire enquêteur a organisé une réunion publique, le 24 novembre, à Bugeat. Pour la première fois, promoteurs, opposants, supporters et élus locaux ont confronté leurs points de vue.
Enfin un débat contradictoire : Si l'organisation de ce débat est à mettre à l'actif du commissiare enquêteur, c'est aussi une victoire pour les opposants regroupés au sein de l'association Non à la montagne pellets ! Le 14 novembre dernier, une soixantaine de personnes s'était présentée à la mairie de Viam, à l'ouverture de l'enquête publique sur ce projet d'installation d'une unité de fabrication de pellets torréfiés. Ces plaquettes de bois déshydratées constitueraient un combustible susceptible de remplacer le charbon, par exemple dans des chaufferies urbaines (il en existe deux en France). Outre ses remarques et critiques sur le projet, l'association avait dénoncé l'absence de débat en présence des promoteurs.
Refusant jusque-là de communiquer, Pierre-Henri Gaudriot était bien présent vendredi soir, entouré de quelques collaborateurs, pour expliquer et répondre aux questions d'une salle des fêtes de Bugeat bondée, avec 250 à 300 personnes, opposants comme supporters. Ancien élu et ex-président de la CCI de la Creuse, Pierre-Henri Gaudriot est à la tête de la société Somival qui, avec ses filiales, souhaitent investir 22 millions d'euros sur le site de l'ancienne gare bois de Bugeat/Viam.
Au cours de la soirée, Pierre Chevalier, président de Haute Correze communauté (71 communes de haute Corrèze et du sud de la Creuse) a d'ailleurs reprocher à l'industriel son "déficit de communication", qui a sans doute contribué à alimenter la contestation.

Pierre-Henri Gaudriot, le promoteur du projet
Les souches d'arbres, la matière première, au centre des débats : Le thème ne figure pas dans les documents de l'enquête publique, et c'est visiblement un tort. A côté des impacts environnementaux (bruit, circulation des poids lourds, besoin en eau...), de très nombreuses questions ont été posées sur cet aspect du dossier. La future unité de fabrication de pellets fonctionnera principalement à partir de souches d'arbres, venues d'un rayon de 80 km (des monts d'Ambazac jusqu'au sud de la Corrèze en passant par le sud Creuse et une partie du Puy-de-Dôme).
Pour fabriquer 45 tonnes de pellets torréfiés ( il semble qu'il y a une erreur de frappe sur l'article... il s'agit de 45 000 tonnes), le promoteur annonce des besoins de 113.000 tonnes de bois par an, dont 50 % en broyat de souches et de branches d'arbres, "suite à des coupes rases de résineux". Ce plan d'approvisionnement a soulevé beaucoup de perplexité, y compris chez des forestiers présents à la réunion. Pour les opposants, les besoins sont sous-estimés ; pour l'industriel, ils sont au contraire cadrés sur un équivalent en surface de 350 hectares par an, "soit 12 % des coupes rases résineux" sur le fameux rayon de 80 km autour de Bugeat.
L'impact écologique du désouchage, même si l'industriel assure qu'il ne se fera pas par exemple sur les terrains en pente, le risque d'appauvrissement de sols, ont été également mis en avant. Pierre-Henri Gaudriot et son équipe n'ont cité aucun chiffre quant au montant qui sera proposé aux propriétaires forestiers pour le rachat des souches. C'est pour eux un bon moyen de valoriser une ressource, qui effectivement ne l'est pas aujourd'hui, et de proposer un levier financier pour inciter les propriétaires à replanter.
L'absence du Parc naturel région de Millevaches : C'était le grand absent au débat de vendredi soir, alors que le projet industriel est au coeur de son périmètre. Avec le risque de voir poindre une nouvelle polémique : les opposants ont cité un document qui émanerait du conseil scientifique du parc et qui s'inquiéterait, lui aussi, du plan d'approvisionnement en souches. Non mandaté, mais présent à Bugeat, un élu membre du bureau du PNR, en charge des dossiers sur la forêt, a confirmé l'existence de ce document, tout en nuançant : "Le PNR continue d'instruire le dossier. Nous n'avons eu les premiers éléments structurants que fin août 2017". La position du PNR, considéré à juste titre comme un interlocuteur essentiel, est attendu par tous. L'exercice s'annonce compliqué, entre les missions de protection de la nature du plateau de Millevaches et son nécessaire développement.

Un des représentants de l'association Non à la montagne pellets
Les élus locaux en porte- paroles : Outre Pierre Chevalier, de nombreux maires, comme celui de Bugeat, de Sornac, de Pérols-sur-Vézère, celle de Viam ou de Toy-Viam, étaient dans la salle. Ils se sont faits les portes-paroles d'une population qui sait que le territoire est fragile. "Je suis élue depuis 25 ans, a expliqué la maire de Toy-Viam. Enfin, nous avons un projet avec une vingtaine d'emplois. Ce pays est en train de crever à petit feu. Je veux bien qu'on s'occupe des oiseaux et de la nature, mais je veux surtout qu'on s'occupe des hommes !". Pierre Chevalier n'a pas dit mieux : "Soit on va vivre dans un désert, soit on construit une économie à partir de la forêt ". Les élus se veulent fermes : "J'espère qu'une fois que l'Etat aura pris sa décision, elle sera respectée" a lancé le maire de Sornac. Pris à partie un peu plus tard par un opposant, il a lui a adressé un vigoureux "Respectez-les élus !".
Une frange d'opposants radicaux : Le slogan a fusé à la fin de la réunion, comme un mot d'ordre pour les prochaines semaines : "On ne lai-sse-ra pas bro-yer le plateau !" Une frange radicale, plutôt jeune et anti-capitaliste, s'est faite entendre, n'hésitant pas à comparer l'industriel à un "colonisateur", un "voleur de terre". Elle se dit prête à entrer en résistance "comme le maquis", un parallèle avec les mouvements de la Résistance à l'occupant allemand qui a choqué une partie de l'assistance. Pour eux, ce projet est "de la poudre aux yeux pour convoiter la richesse du pays", la forêt. Entre les lignes, on sent qu'ils n'accordent aucune confiance au commissaire enquêteur ni aux élus locaux. L'association non à la montagne pellets ! sera-t-elle encore capable de les encadrer ?
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