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Les potins de Ionard

A nos anciens...

7 Janvier 2011 , Rédigé par Ionard Publié dans #Echos de Liberté

Pour continuer dans la couleur que je donne à cette année nouvelle, je voulais vous faire lire quelques mots écrits par Jean-Marc à l'occasion de l'année nouvelle, mots qu'il adresse à ses anciens de Pradines , à ceux qui ont encore la fibre solidaire et fraternelle (le quatrième et cinquième âge... de plus en plus en voie de disparition).

Il s'adresse aussi à ce grand homme trop tôt disparu Jean Ferrat....

le poing levé de j ferrat

Une balle en plein cœur les avait fusillés.

Le sang avait coulé de leurs maigres dépouilles

En un rouge idéal au bout des doigts perlé,

Puis mourant dans le sable, aussitôt épongé…

Mais comme grain germant quand la terre se mouille,

D’autres s’étaient dressés pour les continuer…


Ils préféraient mourir plutôt que de crever,

Ne pas se résigner, faire face à la tempête,

Car lutter valait mieux qu’avoir tête baissée.

Ils avaient combattu sans jamais hésiter,

Espérant que l’issue serait journée de fête,

Nourrissant l’avenir au chaud d’un poing dressé.


Ils nous ont tant appris, ils nous ont tant acquis,

Révoltés de l’Histoire et rebelles d’hier,

Tous ceux des barricades et ceux de l’ombre aussi,

Femmes et hommes fiers, héritiers de Valmy,

Ceux du Front Populaire, des grèves ouvrières, 

Tous ceux de la Commune et tous ceux du maquis.


Mais qu’en restera-t-il, de ce qu’ils ont bâti,

Mais qu’en restera-t-il, du fruit de leurs combats,

Que chaque jour effrite, chaque jour démolit…

Il faut faire de la place à messieurs les nantis.

Et pendant que somnole, hagard, un peuple las,

Enfle le bruit des bottes, monte l’ordre en kaki.


Pourtant Ferrat, mon frère, tu l’avais dénoncé…

Toi qui les fustigeais de ta plume en colère, 

Dresse-toi dans ta tombe, voilà les Pinochet,

Voici l’intolérance, la chasse à l’étranger,

Les trop mauvais Français conduits à la frontière…

Auront-ils une étoile sur l’épaule épinglée ? 


Pourtant Jean Tenenbaum, tu nous les as chantés,

Les camps de déportés et les trains du malheur…

Beaucoup ont dit alors que c’était du passé,

Que la bête était morte, jamais ne reviendrait.

Nuit et brouillard toujours estompent les horreurs,

Mais le jour les découvre : la bête est réveillée.


Pourtant Jean, mon ami, tu l’as si bien écrit :

Les maîtres ont encore une âme de valet.

Pour jouer au puissant, il faut être poli,

Remercier le prince, mériter son profit…

La grasse servitude est unique pensée

Et les Lumières de France se fondent dans la nuit.


Que sera donc demain si l’espoir est banni,

Si le chemin des urnes devient voie sans issue ?

Se fermeront les portes de la démocratie…

Restera la révolte, la voie des insoumis,

Ferrat de ma jeunesse chantera dans les rues,

Et cerise et grenade seront de la partie.


Une balle peut-être viendra nous fusiller

Et le sang coulera de notre corps meurtri

En un rouge idéal au bout des doigts perlé,

Puis mourant dans le sable, aussitôt épongé…

Mais comme grain germant dans une terre nourrie

D’autres se dresseront pour nous continuer…


Ils se battront pour l’Homme et pour sa dignité,

Ils auront la jeunesse et sa belle énergie,

Et sur eux fleurira le grenat des œillets…

L’aube se lèvera qui les verra graver

Rêve et évolution en un seul mot unis,

Et sur eux fleurira le grenat des œillets…

Jean-Marc Laurent

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O
<br /> <br /> ce texte est tellement vrai Dany<br /> <br /> <br /> seul les anciens savent ce que veut dire entrer en resistance, maintenant nos jeunes ne réagissent plus ainsi.j'ai parfois l'impression qu'ils n'ont plus envie de rien a force d'avoir<br /> tout. Dommage<br /> <br /> <br /> bisous<br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Coucou Dany<br /> <br /> <br /> En changeant d'année, je pense  toujours à nos anciens qui nous ont quittés... Jean Ferrat fait partie du lot...<br /> <br /> <br /> Tu as perdu ta Prudence Jane... Dina m'a raconté son départ sur les genoux de son maître...Barbouille adoucit votre<br /> peine... Je serai ravie de faire sa connaissance<br /> <br /> <br /> Des bisous du dimanche<br /> <br /> <br /> Béa kimcat<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> quel magnifique poème!<br /> <br /> <br /> bel hommage à Jean ferrat.<br /> <br /> <br /> et oui,les anciens auraient encore bien des choses à nous dire s'ils n'étaient pas partis.Je pense beaucoup à mon papa pari il y a 4 mois.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> merci pour tes bons et beaux voeux.<br /> <br /> <br /> à mon tour,je t'adresse les miens ...que cette année te garde en bonne santé et que cette installation à la Grande Ourse te comble encore plus.et je n'oublie pas Kléber et toute ta<br /> famille.<br /> <br /> <br /> gros bisous de Cayenne.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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Z
<br /> <br /> Un très beau texte, jean Ferrat là où il est l'entend peut-être et l'apprécie.<br /> Nos anciens ont semé des graines belles, bonnes et courageuses... Quelque part elles germent  et sont en fleurs dans nos coeurs<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br />  gros bisous sous le ciel gris ...la nuit tombe ...les étoiles arrivent ...un petit poéme pour finir la semaine<br /> <br /> <br /> Au chemin des étoiles (extraits)<br /> <br /> <br /> Je m'en vais dans le soir comme un fiévreux qui rêve,<br /> Et qui monte très haut, flottant dans un linceul,<br /> Et qui voudrait qu'enfin le vertige s'achève,<br /> Mais qui monte toujours, étonné et tout seul.<br /> <br /> <br /> Dans l'espace, mes sens érigent leurs antennes,<br /> Pour distinguer le bruit qui naît du bruit qui meure ;<br /> Je cherche dans le ciel quelle étoile est la mienne,<br /> Je cherche des oublis qui sont toujours ailleurs.<br /> <br /> <br /> Quand le jour insolent raille mon stratagème,<br /> Je montre à son soleil les misères que j'ai ;<br /> Et pour parer mon deuil, je porte en diadème,<br /> La clarté que j'ai prise aux astres étrangers.<br /> <br /> <br /> Les astres qui brillaient pour d'autres, je les porte,<br /> Et je vais, attentive, à travers les humains,<br /> Songeant que mon étoile, un autre me l'apporte,<br /> Et nous échangeons nos astres en chemin.<br /> <br /> <br /> Jovette-Alice Bernier, Les masques déchirés (1932)<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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